TIRCIA · Particuliers
Parler aux enfants des risques de violences sexuelles : un guide pour les parents
Ce que l'on sait, ce que l'on peut apprendre à son enfant selon son âge, ce que dit la loi, et comment réagir et ne pas rester seul si votre enfant se confie
Par Marie-Agnès Thulliez · Auteur · Directrice de la publication20 minutes de lecture
Écouter cet article41 MIN

C'est l'un des sujets que les parents redoutent le plus. On a peur de faire peur, de « mettre des idées en tête », de ne pas trouver les mots. Pourtant, parler à son enfant de son corps, de ses limites et des adultes à qui se confier est l'un des gestes de protection les plus simples et les plus utiles.
Les révélations de ces derniers mois, notamment dans le périscolaire à Paris, ont inquiété beaucoup de familles. Ce guide s'appuie sur les recommandations françaises et internationales pour vous aider à aborder le sujet calmement, à chaque âge, à savoir quoi dire et quoi faire si votre enfant vous confie quelque chose, et à vous faire accompagner ensuite.
En cas d'inquiétude
Un doute, une question, une révélation : appelez le 119, gratuit, confidentiel, 24 h/24 et 7 j/7. En cas de danger immédiat : 17 ou 112.
Un principe d'abord : la protection est l'affaire des adultes
Apprendre à un enfant à reconnaître une situation anormale et à en parler l'aide beaucoup. Mais ce n'est jamais à lui de porter seul la responsabilité de se protéger. La campagne nationale « Brisons le silence » le rappelle : il « n'est pas acceptable que les enfants portent seuls la responsabilité de mettre fin au secret » (Ministère des Solidarités, 2024). Le rôle des adultes est de parler, d'écouter, de repérer et d'agir.
Ce qu'il faut savoir
Les violences sexuelles faites aux enfants sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne l'imagine, partout dans le monde.
| Ce que l'on sait | Source |
|---|---|
| En France, environ 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année. | CIIVISE, 2023 |
| Dans le monde, près d'une femme sur cinq et environ un homme sur sept ont subi des violences sexuelles dans l'enfance. | Cagney et al., 2025 |
| Dans la grande majorité des cas, l'agresseur est une personne que l'enfant connaît, souvent un membre de la famille : 81 % des cas parmi les près de 30 000 témoignages recueillis par la CIIVISE. | CIIVISE, 2023 |
| Les premières violences surviennent en moyenne vers 8 ans et demi. | CIIVISE, 2023 |
| Seuls 13 % des enfants en parlent au moment des faits ; beaucoup attendent l'âge adulte. | CIIVISE, 2023 ; Alaggia et al., 2019 |
| Au Royaume-Uni, environ un tiers des violences sexuelles sur enfants seraient commises par d'autres enfants ou adolescents. | NSPCC, 2024 |
| Les enfants en situation de handicap sont environ deux fois plus exposés. | Fang et al., 2022 |
Ces chiffres aident à corriger une idée reçue : le danger vient bien plus souvent de l'entourage de l'enfant que d'un inconnu dans la rue. C'est pourquoi la prévention passe d'abord par l'éducation, le dialogue et la vigilance au quotidien.
Parler, est-ce que ça protège ?
Bonne nouvelle : selon la recherche disponible, parler de ces sujets n'augmente pas l'anxiété des enfants. Une revue Cochrane de 24 essais, auprès de près de 6 000 enfants, montre que les programmes d'éducation à la sécurité du corps améliorent leurs connaissances et, d'après un plus petit nombre d'études, leurs comportements de protection, sans augmenter leur peur ou leur anxiété. Les enfants qui en ont bénéficié semblent aussi révéler plus souvent des violences subies, mais ce résultat reste incertain (Walsh et al., 2015). Les synthèses plus récentes confirment ces gains de connaissances (Lu et al., 2023).
Ces études ne permettent pas encore de dire que ces programmes, à eux seuls, réduisent le nombre de violences. Mais un enfant qui sait nommer ce qui lui arrive, qui sait que ce n'est pas normal et qui sait à qui en parler a beaucoup plus de chances d'être entendu et protégé.
Les programmes destinés aux parents les aident souvent, eux aussi, à mieux connaître le sujet et à l'aborder avec leurs enfants (Rudolph et al., 2024).
Les messages essentiels à transmettre
Ces messages se retrouvent dans toutes les grandes recommandations, en France comme à l'étranger :
Les messages essentiels
- Ton corps t'appartient. Personne n'a le droit de le toucher d'une façon qui te gêne ou te fait peur.
- Les parties intimes sont privées. Ce sont les parties couvertes par le maillot de bain ou les sous-vêtements. Personne ne doit les regarder ou les toucher, sauf pour des soins nécessaires (toilette, médecin), en t'expliquant ce qu'on fait. Et personne ne doit te demander de toucher les siennes. Et même là, même avec quelqu'un de la famille, si quelque chose te gêne, tu as le droit de le dire.
- On utilise les vrais mots. Nommer correctement toutes les parties du corps, y compris les organes génitaux, aide l'enfant à comprendre et à se faire comprendre.
- Tu as le droit de dire non, même à un adulte, même à quelqu'un que tu aimes. Personne ne peut t'obliger à faire un bisou ou un câlin si tu n'en as pas envie.
- Une surprise, c'est joyeux et ça finit par se dire. Un secret qui fait peur, qui met mal à l'aise ou qui rend triste, on ne le garde pas.
- Tu peux toujours en parler, et tu ne seras pas puni pour l'avoir dit. Si la première personne ne t'écoute pas, continue jusqu'à trouver quelqu'un qui t'aide.
- Ce n'est jamais ta faute.
Identifiez avec votre enfant plusieurs adultes de confiance : idéalement une personne qui vit avec lui, et une autre en dehors du cercle familial proche (une enseignante, une marraine, un médecin).
Sources : Conseil de l'Europe, s.d. ; Ministère de l'Éducation nationale, 2025 ; Salmona, 2015 ; Western Health and Social Care Trust, s.d. ; Contemporary Pediatrics, 2023.
Comment en parler selon l'âge

Il n'est pas nécessaire d'avoir « la grande discussion ». De petites conversations, simples et répétées, au fil des moments du quotidien, sont plus efficaces : le bain, l'habillage, un trajet en voiture, une visite chez le médecin, un livre ou un dessin animé.
De 3 à 6 ans
- Nommer les parties du corps pendant la toilette, avec les vrais mots, sans gêne.
- Introduire la règle des parties intimes et le droit de dire non.
- Respecter soi-même son refus d'un bisou ou d'un câlin, y compris avec la famille : il apprend ainsi que son « non » compte.
- Faire la différence entre une surprise et un secret qui fait peur.
De 6 à 11 ans
- Reprendre les mêmes messages avec plus de détails, et dresser ensemble la liste des adultes de confiance.
- Expliquer qu'une personne connue, même gentille, n'a pas le droit de faire quelque chose qui le gêne, et qu'il ne doit pas garder ce genre de secret.
- Commencer à parler d'Internet : on ne partage pas de photos de son corps, et si quelque chose de gênant apparaît à l'écran, on vient en parler sans crainte d'être grondé.
- Lui apprendre aussi à respecter le corps et le « non » des autres.
Avec les adolescents
- Parler de consentement, de relations respectueuses et de la loi.
- Aborder la pornographie, les photos intimes et les pressions en ligne, avec des mots adaptés.
- Évoquer le chantage aux images intimes, ou sextorsion. Aux États-Unis, sa forme financière (payer pour que les images ne soient pas diffusées) est en forte hausse et vise surtout des garçons de 14 à 17 ans, mais les filles sont aussi exposées au chantage (NCMEC, 2024 ; Thorn, 2024). Le message à faire passer : ne pas payer, demander de l'aide tout de suite, et se rappeler que la faute est celle de l'auteur, jamais celle du jeune (NCMEC, 2024). Le 3018 aide à garder les preuves et à faire retirer les contenus. Dites-lui à l'avance que vous ne vous fâcherez pas : la peur d'être puni ou de perdre son téléphone empêche souvent de parler (UNICEF, s.d.).
Sources : Stop It Now, s.d.a ; NSPCC, s.d.a.
Au quotidien, ce qui protège
- Une relation où l'on peut tout dire. Une relation de confiance avec ses parents est l'un des facteurs qui facilitent le plus la parole des enfants (Alaggia et al., 2019). Demandez régulièrement, simplement, comment ça va avec les personnes qui s'occupent de lui.
- S'intéresser aux personnes et aux lieux qui accueillent votre enfant : activités, encadrement, règles de la structure.
- Privilégier les activités visibles et collectives, et rester attentif aux situations où un adulte cherche à être souvent seul avec un enfant ou à l'isoler de ses parents (Darkness to Light, s.d.).
- Faire confiance à son malaise : si le comportement d'un adulte envers un enfant vous dérange, parlez-en et demandez conseil (Stop It Now, s.d.b).
- Accompagner l'usage des écrans : paramètres de confidentialité, appareils dans les pièces communes pour les plus jeunes, et surtout le dialogue.
Le périscolaire : ce que l'on sait aujourd'hui
Le périscolaire, c'est la cantine, la garderie, les centres de loisirs. Neuf enfants sur dix le fréquentent aujourd'hui (Aleteia, 2026). C'est là que de nombreux signalements ont été faits ces dernières années.
- À Paris, 132 animateurs ont été suspendus entre le 1er janvier et le 9 juin 2026, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes (Europe 1, 2026).
- Au niveau national, un rapport du Sénat publié le 15 octobre 2026 relève que les signalements de violences sexistes et sexuelles commises par des adultes dans les accueils collectifs de mineurs ont augmenté de 317 % entre 2021-2022 et 2025-2026, selon des chiffres provisoires. Cette hausse s'explique en partie par une meilleure remontée des signalements. Il pointe des contrôles d'honorabilité faits seulement à l'embauche et une responsabilité mal partagée entre l'école et la commune (Aleteia, 2026).
La Ville de Paris a mis en place un plan d'action : un numéro de signalement, le contrôle des fichiers avant tout recrutement, l'affichage des équipes et le port obligatoire du badge, la formation des animateurs et l'information rapide des familles (Ville de Paris, 2026b).
Les questions que tout parent peut poser
À Paris comme ailleurs, vous pouvez poser ces questions à l'école, à la mairie ou au centre de loisirs :
- Qui encadre mon enfant ? L'équipe est-elle affichée, et les animateurs portent-ils un badge ?
- Combien d'adultes sont présents au moment du repas, de la sieste et des toilettes ?
- Les antécédents des intervenants sont-ils vérifiés, et à quelle fréquence ?
- À qui signaler un doute, et comment serai-je informé en cas de signalement ou de remplacement d'équipe ?
Poser ces questions n'est ni une accusation ni de la méfiance : c'est votre rôle de parent, et une structure sérieuse y répond volontiers.
Les signes qui peuvent alerter
Les signes sont très variés, et aucun, à lui seul, ne prouve une violence. À l'inverse, beaucoup d'enfants victimes ne montrent aucun signe visible : si vous n'avez rien remarqué, ce n'est pas un manque d'attention de votre part. Mais certains changements doivent faire réagir, surtout s'ils sont brusques et sans explication :
Les signes qui peuvent alerter
- un changement de comportement soudain : repli, colère, peur inhabituelle d'une personne ou d'un lieu ;
- des troubles du sommeil ou de l'alimentation, des cauchemars ;
- une régression : l'enfant se remet à faire pipi au lit, à parler « bébé » ;
- des difficultés scolaires nouvelles ;
- des douleurs répétées sans cause claire ;
- des connaissances ou comportements sexuels inhabituels pour son âge ;
- chez l'adolescent, des conduites à risque ou des gestes contre soi.
Si votre enfant parle de mourir, se fait du mal ou semble en grande détresse, appelez sans attendre le 3114 (prévention du suicide, 24 h/24), ou le 15 en cas d'urgence.
Face à ces signes, l'attitude recommandée est d'ouvrir le dialogue calmement, sans interroger, et de demander conseil au 119 ou à un professionnel (Ministère des Solidarités, 2024).
Si votre enfant se confie : la conduite à tenir

Il n'existe pas de réaction parfaite, et personne n'est préparé à entendre cela. Si vous avez mal réagi sur le moment, il n'est jamais trop tard pour revenir vers votre enfant : « J'ai été surpris, j'ai repensé à ce que tu m'as dit. Je te crois et je vais t'aider. »
Votre soutien compte énormément. Une petite étude auprès d'adultes suggère que ceux qui avaient été soutenus par leurs parents après la révélation allaient mieux, sur le plan psychologique et dans leur couple, que ceux qui ne l'avaient pas été (Godbout et al., 2014).
Ce que vous pouvez lui dire
- « Je te crois. »
- « Ce n'est pas ta faute. Personne n'a le droit de te faire ça. »
- « Tu as eu raison de me le dire, c'est très courageux. »
- « Tu ne seras jamais puni pour avoir parlé. »
- « Je vais faire ce qu'il faut pour te protéger, et je vais demander de l'aide à des personnes dont c'est le métier. »
- Si votre enfant hésite : « Tu as le droit de me dire tout ce qui est important pour toi, je suis là pour toi. »
Ce qu'il vaut mieux éviter
- Les questions fermées ou pressantes (« C'est lui qui t'a fait ça ? »), qui orientent la réponse, et les demandes de détails.
- Mener soi-même une enquête ou faire répéter le récit : cela peut fragiliser sa parole devant la justice.
- « Pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt ? », « Tu es sûr ? », « Ce n'est pas si grave. »
- Promettre de garder le secret.
- Confronter vous-même la personne mise en cause.
- Laisser l'enfant penser que votre colère est dirigée contre lui. Si vous ne parvenez pas à cacher votre émotion, ce n'est pas grave : « Je suis bouleversé, mais pas contre toi. Tu as bien fait de me le dire. » Gardez votre colère pour un adulte de confiance.
Sources : Ville de Paris, 2026a ; CIIVISE, 2023 ; Fondation pour l'Enfance, s.d. ; NCTSN, 2009.
Ce qu'il faut faire, étape par étape
- Rester aussi calme que possible, et prendre l'enfant dans vos bras s'il le souhaite.
- Noter ses mots exacts, sans les interpréter, avec la date et le contexte de la révélation.
- Le protéger : faire en sorte qu'il ne soit plus en contact avec la personne mise en cause. Si cette personne est l'autre parent, appelez le 119 ou un avocat avant d'agir : refuser seul de remettre l'enfant peut vous être reproché.
- Si les faits sont récents, consulter rapidement un médecin ou les urgences pédiatriques, si possible avant que l'enfant ne se lave, et conserver ses vêtements dans un sac en papier (CFCV et Préfecture de Paris, s.d.). Un examen reste utile même si les faits sont plus anciens (Fondation pour l'Enfance, s.d.).
- Appeler le 119 pour être conseillé. En cas de danger immédiat, appeler le 17 ou le 112.
- Signaler les faits à la direction de l'établissement ou de la structure concernée, s'ils s'y sont produits.
- Porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrire au procureur de la République. La parole de l'enfant y est recueillie par des enquêteurs formés, de plus en plus souvent dans une unité d'accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED), à l'hôpital, où se font aussi les soins et l'examen médical.
- Faire soigner l'enfant par un professionnel formé au psychotraumatisme de l'enfant. Les recommandations internationales placent en premier la thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le trauma, menée avec le parent protecteur ou avec l'enfant seul, et l'EMDR (ISTSS, 2019). Les centres régionaux du psychotraumatisme accueillent aussi les enfants. Ces soins peuvent être pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie : le médecin traitant rédige un protocole de soins pour « mineur victime de sévices sexuels », sans attendre de jugement ni de plainte. Seuls les soins remboursables sont concernés : les séances chez un psychologue libéral ne le sont en général pas (Allodocteurs, 2021). Le dispositif Mon soutien psy rembourse des séances chez un psychologue partenaire dès 3 ans, sans ordonnance, mais il vise les difficultés légères à modérées : pour un enfant victime, demandez d'abord l'avis d'un professionnel spécialisé (sante.fr, 2026).
- Préserver son quotidien : ses activités, ses amis, ses routines. Une protection trop stricte peut l'isoler (Ville de Paris, 2026a).
Selon la CIIVISE, près d'un enfant sur deux (45 %) qui révèle les violences au moment des faits n'est ni mis en sécurité ni soigné, alors que 70 % d'entre eux avaient été crus (CIIVISE, 2023). Ces démarches sont difficiles, même pour les parents les plus attentifs, et c'est précisément pourquoi il est précieux de se faire accompagner. Les professionnels et les associations sont là pour vous aider à agir.
Une révélation se fait souvent par petits bouts. Si votre enfant n'en dit qu'une partie, ou revient sur ce qu'il a dit, ce n'est pas un signe qu'il a menti : c'est fréquent (McElvaney, 2015).
Face à la honte et à la culpabilité
Chez l'enfant. Beaucoup d'enfants victimes se sentent sales, honteux ou responsables de ce qui leur est arrivé, d'autant plus quand l'auteur est quelqu'un qu'ils aimaient ou admiraient. Ce n'est pas anodin : chez des adolescentes victimes suivies pendant six mois, la honte était liée à davantage de symptômes de stress post-traumatique six mois plus tard, et le sentiment d'être responsable à davantage de symptômes dépressifs (Alix et al., 2020).
Ces sentiments ne disparaissent pas avec une seule phrase. Il faut les entendre et répéter, avec patience, les mêmes messages :
Les phrases à lui redire
- « La honte, c'est à celui qui a fait ça de la porter, pas à toi. »
- « Tu n'as rien fait de mal. Même si tu n'as pas dit non, même si tu y es retourné, même si tu n'as pas parlé tout de suite. »
- « Un enfant ne peut pas se défendre contre quelqu'un qui le manipule. C'était à lui de respecter les règles, pas à toi. »
- Avec un adolescent : il peut être très troublé si son corps a réagi pendant les faits. Dites-lui clairement que cela ne veut pas dire qu'il était d'accord : c'est une réaction physique, pas un consentement (NCTSN, 2009).
Chez vous, parent. Le choc, la colère, l'incrédulité et surtout la culpabilité de « ne pas avoir vu » sont des réactions très fréquentes. Le seul responsable est l'auteur des faits (NCTSN, 2009), qui agit le plus souvent à l'abri du regard des parents. Ces événements peuvent aussi réveiller votre propre histoire : beaucoup d'adultes ont eux-mêmes vécu des violences dans l'enfance sans en avoir jamais parlé (Qu'est-ce qu'un trauma ? ; Peut-on hériter des blessures de sa famille ?). Votre enfant n'a pas besoin d'un parent parfait, mais d'un parent qui le croit et le protège maintenant. Faites-vous aider vous aussi : cela vous permettra de tenir dans la durée, et c'est l'un des meilleurs cadeaux à lui faire.
Se faire accompagner dans les démarches

Plainte, enquête, école, mairie, rendez-vous médicaux : beaucoup de parents décrivent un parcours long, épuisant et solitaire. Quelques repères :
- Faites-vous accompagner dès le début. Le 116 006, numéro d'aide aux victimes, est gratuit, tous les jours (Justice.fr, s.d.). Il oriente vers une association d'aide aux victimes proche de chez vous, qui accompagne gratuitement dans les démarches, aide à trouver un avocat et explique la procédure.
- Prenez un avocat pour votre enfant. Vous pouvez vous constituer partie civile au nom de votre enfant, avec l'aide de l'avocat, qui suivra la procédure. Si la personne mise en cause est un parent, le juge peut désigner un administrateur ad hoc pour représenter l'enfant. Pour un viol, l'aide juridictionnelle est accordée sans condition de ressources (article 9-2 de la loi du 10 juillet 1991). Pour les autres violences sexuelles, elle dépend des ressources, avec des exceptions possibles pour les situations particulièrement dignes d'intérêt (Assemblée nationale, 2025).
- Demandez réparation. La Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI) peut indemniser les victimes de viol et d'agressions sexuelles, même sans jugement pénal. Le délai pour la saisir est en principe de trois ans, mais pour une victime mineure il ne commence à courir qu'à sa majorité (article 706-5 du code de procédure pénale). L'avocat ou l'association vous guidera (Commission européenne, s.d. ; Pinel-Botton, s.d.).
- Gardez une trace écrite de tout : les dates, les propos de l'enfant, les échanges avec l'école, la mairie ou la police. Demandez les réponses importantes par écrit, et conservez les copies.
- Ne restez pas sans réponse. Si une institution ne réagit pas, vous pouvez saisir le Défenseur des droits, chargé de la défense des droits de l'enfant (defenseurdesdroits.fr).
- Rejoignez d'autres familles. Des associations comme L'Enfant Bleu (écoute, accompagnement psychologique et appui juridique, 01 56 56 62 62 ; L'Enfant Bleu, 2026) et d'autres associations proposant des groupes de parole accompagnent les familles confrontées à ces situations (Fondation pour l'Enfance, s.d.).
- À Paris, la cellule d'écoute, d'évaluation et d'orientation de l'OSE accompagne parents et enfants : 01 87 66 36 42, du lundi au vendredi de 9 h 30 à 17 h. Pour signaler des faits commis par un agent de la Ville : 06 17 52 66 21 ou signalement-violence-periscolaire@paris.fr. Le bureau d'aide aux victimes du tribunal judiciaire (porte de Clichy) reçoit sans rendez-vous en semaine : 01 44 32 77 08 (Ville de Paris, 2026c). L'association Paris Aide aux Victimes reçoit aussi sur rendez-vous dans ses deux antennes, du lundi au vendredi : Sud, 12 rue Charles-Fourier (13e), 01 87 04 21 36 ; Nord, 22 rue Jacques-Kellner (17e), 01 53 06 83 50 (Ville de Paris, s.d.).
Face aux autres parents et à l'école
Quand les faits se sont produits à l'école ou au centre de loisirs, d'autres familles savent souvent, ou croient savoir, de quels enfants il s'agit. Les regards, les questions, parfois les rumeurs ou les jugements, peuvent être très lourds.
- Protégez la vie privée de votre enfant. N'en parlez qu'aux personnes qui ont besoin de savoir pour l'aider ou le protéger (Fondation pour l'Enfance, s.d.). Son histoire lui appartient.
- Préparez une phrase courte pour les questions : « Une procédure est en cours, nous ne pouvons pas en parler. Merci de respecter notre enfant. » Vous n'avez rien d'autre à justifier.
- Ne publiez rien sur les réseaux sociaux, ni sur l'enfant, ni sur la personne mise en cause : cela peut exposer votre enfant, nuire à l'enquête et vous valoir des poursuites pour diffamation, car toute personne mise en cause est présumée innocente tant qu'elle n'a pas été jugée. La loi interdit d'ailleurs de diffuser des informations permettant d'identifier une victime de violences sexuelles sans son accord écrit (article 39 quinquies de la loi du 29 juillet 1881 ; Actu-Juridique, 2022). Vous pouvez demander à d'autres parents de retirer une publication qui le concerne.
- Demandez à l'institution de prendre ses responsabilités : informer les autres familles de façon sobre, sans désigner d'enfant, et organiser une réunion d'information. C'est ce que prévoit par exemple la Ville de Paris (Ville de Paris, 2026c).
- Préparez votre enfant à ce qu'il pourra répondre si un camarade lui pose des questions : « Je n'ai pas envie d'en parler. » Il a le droit de se taire.
- Si votre enfant est mis à l'écart ou moqué, signalez-le à l'école comme du harcèlement : c'est une violence de plus, et l'établissement doit agir. Le 3018 peut aussi aider si cela se passe en ligne.
- Appuyez-vous sur les parents qui soutiennent. Beaucoup d'autres familles sont choquées, inquiètes, parfois maladroites, mais solidaires. Les représentants des parents d'élèves peuvent relayer vos demandes auprès de l'école ou de la mairie, sans exposer votre enfant.
Quand un enfant a des gestes sexuels envers d'autres enfants
C'est une situation que les parents et les écoles redoutent particulièrement. Au Royaume-Uni, on estime qu'environ un tiers des violences sexuelles sur enfants sont commises par d'autres mineurs (NSPCC, 2024). Il faut à la fois protéger les enfants qui en sont la cible et comprendre l'enfant qui a ces gestes.
Curiosité normale ou comportement problématique ? Les jeux de découverte du corps entre enfants du même âge, spontanés, occasionnels, partagés et sans contrainte, font partie du développement. Un comportement devient préoccupant quand il ne correspond pas à l'âge de l'enfant, quand il y a un écart d'âge ou de maturité, quand il se répète malgré les interdits, quand il provoque de la peur ou de la détresse, ou quand il s'accompagne de force, de chantage, de menace ou de secret (INSPQ, s.d. ; NSPCC, s.d.b).
Sur le moment, si vous êtes témoin
- arrêtez la situation calmement et séparez les enfants ;
- mettez en sécurité et rassurez l'enfant qui a subi les gestes ;
- rappelez clairement l'interdit à l'enfant qui les a eus, sans l'humilier ni le traiter d'« agresseur » : avant 12 ans, les recommandations québécoises parlent de comportements sexuels problématiques, et l'enfant a lui aussi besoin d'être protégé et aidé (INSPQ, s.d.) ;
- notez ce que vous avez vu et entendu, et prévenez la direction de l'école ou de la structure.
Ensuite, chaque situation doit être évaluée par des professionnels. Un protocole élaboré à Montpellier (CHU, CRIAVS et unité d'accueil pédiatrique enfants en danger) prévoit un bilan médical et psychologique des enfants concernés et, selon la gravité, une information préoccupante auprès de la cellule départementale (CRIP) ou un signalement au procureur de la République. Dans une situation impliquant deux enfants, les deux sont considérés comme vulnérables (CHU de Montpellier, 2024). En cas de doute, le 119 conseille les parents comme les professionnels.
Si votre enfant a subi ces gestes, la conduite à tenir est la même que pour toute révélation : le croire, le rassurer, le protéger, et demander à l'école des mesures concrètes pour qu'il ne soit plus exposé.
Si c'est votre enfant qui a eu ces gestes, le choc est souvent immense. Évitez de le rejeter ou de lui faire honte : cela ne l'aidera pas à changer. Ce n'est ni une condamnation de votre enfant, ni de votre famille : c'est un signal qu'il a besoin d'aide. Ces comportements peuvent être le signe qu'il a lui-même vécu ou vu quelque chose qu'il n'aurait pas dû, parfois à l'insu de ses parents : violences, exposition à des contenus sexuels, difficultés autour de lui. Avoir été victime de violences sexuelles est l'un des facteurs les plus documentés, même si la plupart des enfants victimes n'en viennent pas là (INSPQ, s.d.). Faites-le évaluer rapidement par un médecin, un pédopsychiatre ou un psychologue, renforcez la surveillance, et acceptez l'accompagnement proposé : les adultes ont un rôle important pour l'aider à trouver d'autres façons de répondre à ses besoins.
Ce que dit la loi
La loi aujourd'hui
- Pour les mineurs de moins de 15 ans, tout acte de pénétration sexuelle ou tout acte bucco-génital commis par un majeur est un viol lorsque l'écart d'âge est d'au moins cinq ans, sans qu'il soit nécessaire de prouver la violence, la contrainte, la menace ou la surprise. Les autres actes sexuels sont, dans les mêmes conditions, des agressions sexuelles. En cas d'inceste, ce seuil est porté à 18 ans (loi n° 2021-478 du 21 avril 2021 ; Actu-Juridique, 2021).
- Depuis la loi du 6 novembre 2025, le consentement fait partie de la définition pénale du viol et des agressions sexuelles : il est « libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable », s'apprécie au regard des circonstances et « ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime » (Loi n° 2025-1057 ; Le Monde du droit, 2025).
- Délais de prescription : 30 ans après la majorité de la victime pour un viol sur mineur ; 10 ou 20 ans après la majorité pour une agression sexuelle, selon l'âge de l'enfant et les circonstances. Ce délai peut être prolongé si le même auteur s'en prend ensuite à un autre mineur. Même au-delà, une plainte reste possible : elle peut être entendue et servir à d'autres victimes (Service-public.fr, 2026).
Des textes en cours d'examen, qui ne sont pas encore en vigueur à la date de cet article :
- le projet de loi relatif à la protection des enfants, présenté le 27 mai 2026, adopté en première lecture par l'Assemblée nationale le 21 juillet 2026 et attendu au Sénat cet automne. Il systématise le contrôle des antécédents judiciaires de tous les professionnels et bénévoles, y compris dans le périscolaire, et crée une « ordonnance de sûreté de l'enfant » permettant au juge d'agir face à un danger grave et immédiat (info.gouv.fr, 2026 ; Megglé, 2026) ;
- une proposition de loi visant à protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire, adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 1er juin 2026, qui prévoit notamment un contrôle d'honorabilité de tous les intervenants auprès des enfants, renouvelé au moins tous les trois ans (JDAnimation, 2026) ;
- la proposition de « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, adoptée à l'unanimité en première lecture par l'Assemblée nationale le 13 octobre 2026, qui prévoit notamment un entretien de repérage pour chaque élève et un adulte référent dans chaque établissement (ASH, 2026).
Cet article sera mis à jour lorsque ces textes seront définitivement adoptés.
Besoin d'aide maintenant ?
Besoin d'aide maintenant ?
119 : Allô Enfance en danger, gratuit, confidentiel, 24 h/24 et 7 j/7. Pour les enfants comme pour les adultes. Sur allo119.gouv.fr : tchat pour les moins de 21 ans, formulaire pour les adultes, accès en langue des signes (horaires indiqués sur le site).
17 ou 112 : en cas de danger immédiat. 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes.
3018 : violences numériques, cyberharcèlement et chantage aux images, gratuit et anonyme, 7 j/7 de 9 h à 23 h.
116 006 : aide aux victimes, gratuit, tous les jours.
3114 : numéro national de prévention du suicide, 24 h/24.
À retenir
- La protection des enfants est la responsabilité des adultes, pas des enfants.
- Dans la grande majorité des cas, l'agresseur est une personne que l'enfant connaît.
- Parler de son corps, de ses limites et des secrets n'effraie pas les enfants : cela les aide à comprendre et à se confier.
- Des messages simples, répétés et adaptés à l'âge : ton corps t'appartient, tu peux dire non, on ne garde pas un secret qui fait peur, ce n'est jamais ta faute.
- Si un enfant se confie : rester calme, le croire, ne pas l'interroger, le protéger et appeler le 119.
- La honte et la culpabilité appartiennent à l'auteur, pas à l'enfant ni à ses parents.
- Faites-vous accompagner : associations d'aide aux victimes (116 006), avocat, autres familles.
- Un enfant qui a des gestes sexuels envers d'autres enfants doit être arrêté, évalué et aidé : les deux enfants ont besoin de protection.
Références
- Actu-Juridique (2021) Crimes sexuels et inceste : publication de la loi visant à protéger les mineurs. Disponible sur : https://www.actu-juridique.fr/breves/droit-penal/crimes-sexuels-et-inceste-publication-de-la-loi-visant-a-proteger-les-mineurs/ (consulté le 15 octobre 2026).
- Actu-Juridique (2022) QPC : la victime d'agression sexuelle et la liberté de la presse. Disponible sur : https://www.actu-juridique.fr/breves/qpc/qpc-la-victime-dagression-sexuelle-et-la-liberte-de-la-presse/ (consulté le 15 octobre 2026).
- Alaggia, R., Collin-Vézina, D. et Lateef, R. (2019) 'Facilitators and barriers to child sexual abuse (CSA) disclosures: a research update (2000–2016)', Trauma, Violence, & Abuse, 20(2), pp. 260–283. Disponible sur : https://doi.org/10.1177/1524838017697312.
- Aleteia (2026) « La France ne protège pas ses enfants » : le rapport du Sénat sur les violences dans le périscolaire, 15 octobre. Disponible sur : https://fr.aleteia.org/2026/10/15/la-france-ne-protege-pas-ses-enfants-le-rapport-du-senat-sur-les-violences-dans-le-periscolaire/ (consulté le 15 octobre 2026).
- Alix, S. et al. (2020) 'Self-blame, shame, avoidance, and suicidal ideation in sexually abused adolescent girls: a longitudinal study', Journal of Child Sexual Abuse, 29(4), pp. 432–447. Disponible sur : https://doi.org/10.1080/10538712.2019.1678543.
- Allodocteurs (2021) Victime d'inceste : une prise en charge à 100 %, 22 février. Disponible sur : https://www.allodocteurs.fr/se-soigner-violences-viol-agression-sexuelle-victime-dinceste-une-prise-en-charge-a-100-30765.html (consulté le 15 octobre 2026).
- ASH (2026) La loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale. Disponible sur : https://www.ash.tm.fr/juridique/la-loi-integrale-contre-les-violences-sexistes-et-sexuelles-adoptee-a-lunanimite-a-lassemblee-nationale-975354.php (consulté le 15 octobre 2026).
- Assemblée nationale (2025) Question écrite n° 8212 : attribution automatique de l'aide juridictionnelle en cas de violences sexuelles, réponse publiée au Journal officiel le 23 décembre 2025. Disponible sur : https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-8212QE.htm (consulté le 15 octobre 2026).
- Cagney, J. et al. (2025) 'Prevalence of sexual violence against children and age at first exposure: a global analysis by location, age, and sex (1990–2023)', The Lancet, 405(10492), pp. 1817–1836. Disponible sur : https://doi.org/10.1016/S0140-6736(25)00311-3.
- CFCV, Collectif féministe contre le viol et Préfecture de Paris (s.d.) Agir après un viol ou une autre agression sexuelle. Disponible sur : https://www.prefectures-regions.gouv.fr/content/download/13791/96170/file/AGIR%20APR%C3%88S%20UN%20VIOL%20OU%20UNE%20AUTRE%20AGRESSION%20SEXUELLE%2075.pdf (consulté le 15 octobre 2026).
- CHU de Montpellier, CRIAVS-LR et UAPED-GED (2024) Guidelines pour les comportements sexuels problématiques (CSP) chez les mineurs de moins de 12 ans. Disponible sur : https://association-cvm.org/public/media/uploaded/pdf/criavs-guidelines-csp-2024.pdf (consulté le 15 octobre 2026).
- CIIVISE, Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (2023) Violences sexuelles faites aux enfants : « On vous croit ». Synthèse du rapport. Disponible sur : https://ciivise.fr/sites/ciivise/files/2024-09/Synthese-VF.pdf (consulté le 15 octobre 2026).
- Commission européenne (s.d.) Portail e-Justice : Droits des victimes : indemnisation, France. Disponible sur : https://e-justice.europa.eu/pdf-export/1102_fr (consulté le 15 octobre 2026).
- Conseil de l'Europe (s.d.) La Règle « On ne touche pas ici ». Guide pour les parents. Disponible sur : https://coe.int/t/dg3/children/underwearrule/source/text_fr.pdf (consulté le 15 octobre 2026).
- Contemporary Pediatrics (2023) AAP tips for teaching children about body boundaries and safety. Disponible sur : https://contemporarypediatrics.com/view/aap-tips-for-teaching-children-about-body-boundaries-and-safety (consulté le 15 octobre 2026).
- Darkness to Light (s.d.) 5 Steps to Protecting Our Children. Disponible sur : https://www.d2l.org/fall5steps/ (consulté le 15 octobre 2026).
- Europe 1 (2026) Périscolaire : 132 animateurs suspendus à Paris, dont 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes, 9 juin. Disponible sur : https://www.europe1.fr/police-justice/periscolaire-132-animateurs-suspendus-a-paris-dont-52-pour-suspicion-de-violences-sexuelles-ou-sexistes-annonce-emmanuel-gregoire-951434 (consulté le 15 octobre 2026).
- Fang, Z. et al. (2022) 'Global estimates of violence against children with disabilities: an updated systematic review and meta-analysis', The Lancet Child & Adolescent Health, 6(5), pp. 313–323. Disponible sur : https://doi.org/10.1016/S2352-4642(22)00033-5.
- Fondation pour l'Enfance (s.d.) Mon enfant a subi des violences sexuelles. Disponible sur : https://www.fondation-enfance.org/jai-besoin-daide/je-suis-adulte/violences-sexuelles-pedophilie-inceste/enfant-victime-violences-sexuelles/ (consulté le 15 octobre 2026).
- Godbout, N. et al. (2014) 'Child sexual abuse and subsequent relational and personal functioning: the role of parental support', Child Abuse & Neglect, 38(2), pp. 317–325. Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2013.10.001.
- info.gouv.fr (2026) Compte rendu du Conseil des ministres du 27 mai 2026 : projet de loi relatif à la protection des enfants. Disponible sur : https://www.info.gouv.fr/conseil-des-ministres/compte-rendu-du-conseil-des-ministres-du-27-05-2026 (consulté le 15 octobre 2026).
- INSPQ, Institut national de santé publique du Québec (s.d.) Enfants ayant des comportements sexuels problématiques. Disponible sur : https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/perpetration/enfants (consulté le 15 octobre 2026).
- ISTSS (2019) Posttraumatic Stress Disorder Prevention and Treatment Guidelines. Présentation des recommandations pour l'enfant et l'adolescent par The Mental Elf. Disponible sur : https://nationalelfservice.net/mental-health/ptsd/treating-ptsd-in-children-and-young-people-istss2019 (consulté le 15 octobre 2026).
- JDAnimation (2026) Le projet de loi post-Bétharram adopté à l'Assemblée nationale : quelles mesures concernent le périscolaire ?, 4 juin. Disponible sur : https://www.jdanimation.fr/infos/le-projet-de-loi-post-betharram-adopte-l-assemblee-nationale-quelles-mesures-concernent-le (consulté le 15 octobre 2026).
- Justice.fr (s.d.) Je suis victime : le 116 006. Disponible sur : https://www.justice.fr/je-suis-victime/116006 (consulté le 15 octobre 2026).
- L'Enfant Bleu (2026) Communiqué de presse : le Respectomètre, 12 février. Disponible sur : https://enfantbleu.org/wp-content/uploads/2026/02/CP-Enfant-Bleu_Respectometre.pdf (consulté le 15 octobre 2026).
- Le Monde du droit (2025) Définition pénale du viol et des agressions sexuelles : la loi est publiée. Disponible sur : https://www.lemondedudroit.fr/judiciaire/326-droit-penal/97986-definition-penale-du-viol-et-des-agressions-sexuelles-la-loi-est-publiee.html (consulté le 15 octobre 2026).
- Loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025 modifiant la définition pénale du viol et des agressions sexuelles. Journal officiel de la République française, 7 novembre 2025. Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000052533259 (consulté le 15 octobre 2026).
- Lu, M. et al. (2023) 'School-based child sexual abuse interventions: a systematic review and meta-analysis', Research on Social Work Practice, 33(4), pp. 390–412. Disponible sur : https://doi.org/10.1177/10497315221111393.
- McElvaney, R. (2015) 'Disclosure of child sexual abuse: delays, non-disclosure and partial disclosure. What the research tells us and implications for practice', Child Abuse Review, 24(3), pp. 159–169. Disponible sur : https://doi.org/10.1002/car.2280.
- Megglé, C. (2026) 'Protection des enfants : l'Assemblée nationale adopte le projet de loi', Localtis, Banque des Territoires, 22 juillet. Disponible sur : https://www.banquedesterritoires.fr/protection-des-enfants-lassemblee-nationale-adopte-le-projet-de-loi (consulté le 15 octobre 2026).
- Ministère de l'Éducation nationale (2025) Éducation à la vie affective et relationnelle : livret d'accompagnement (école maternelle). Disponible sur : https://eduscol.education.fr/document/66844/download (consulté le 15 octobre 2026).
- Ministère des Solidarités (2024) Campagne « Brisons le silence » : lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants. Disponible sur : https://solidarites.gouv.fr/campagne-de-lutte-contre-les-violences-sexuelles-faites-aux-enfants (consulté le 15 octobre 2026).
- Ministère des Solidarités (2025) Agressions, cyberharcèlement, violences : si tu as besoin d'aide, des numéros existent. Disponible sur : https://www.solidarites.gouv.fr/agressions-cyberharcelement-violences-si-tu-besoin-daide-des-numeros-existent (consulté le 15 octobre 2026).
- National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC) (2024) NCMEC releases new sextortion data. Disponible sur : https://ncmec.org/blog/2024/ncmec-releases-new-sextortion-data (consulté le 15 octobre 2026).
- NCTSN, National Child Traumatic Stress Network (2009) Caring for kids: what parents need to know about sexual abuse. Disponible sur : https://www.nctsn.org/sites/default/files/resources/fact-sheet/caring_for_kids_what_parents_need_know_about_sexual_abuse.pdf (consulté le 15 octobre 2026).
- NSPCC (2024) Harmful sexual behaviour: statistics briefing. Disponible sur : https://learning.nspcc.org.uk/research-resources/statistics-briefings/harmful-sexual-behaviour-hsb (consulté le 15 octobre 2026).
- NSPCC (s.d.a) Talking about difficult topics. Disponible sur : https://www.nspcc.org.uk/keeping-children-safe/support-for-parents/talking-about-difficult-topics/ (consulté le 15 octobre 2026).
- NSPCC (s.d.b) Understanding harmful sexual behaviour. Disponible sur : https://learning.nspcc.org.uk/child-abuse-and-neglect/harmful-sexual-behaviour/understanding (consulté le 15 octobre 2026).
- Pinel-Botton, O. (s.d.) La minorité de la victime est une cause de relevé de forclusion par la CIVI. Disponible sur : https://www.avocats-pinelbotton.fr/la-minorite-de-la-victime-est-une-cause-de-releve-de-forclusion-par-la-civi/ (consulté le 15 octobre 2026).
- Rudolph, J.I. et al. (2024) 'Parental involvement in programs to prevent child sexual abuse: a systematic review of four decades of research', Trauma, Violence, & Abuse, 25(1), pp. 560–576. Disponible sur : https://doi.org/10.1177/15248380231156408.
- Salmona, M. (2015) Prévention des violences sexuelles : comment en parler aux enfants. Mémoire traumatique et victimologie. Disponible sur : https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/doc_violences_sex/Prevention-des-violences-sexuelles-1-Comment-en-parler-aux-enfants.pdf (consulté le 15 octobre 2026).
- sante.fr (2026) Mon soutien psy : accès direct au psychologue. Disponible sur : https://www.sante.fr/node/7240885 (consulté le 15 octobre 2026).
- Service-public.fr (2026) Combien de temps peut-on agir en justice en cas d'infraction sexuelle sur mineur ? Disponible sur : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F38050 (consulté le 15 octobre 2026).
- Stop It Now (s.d.a) Talking to kids about sexual abuse. Disponible sur : https://stopitnow.org/sites/default/files//documents/files/talking_to_kids_0.pdf (consulté le 15 octobre 2026).
- Stop It Now (s.d.b) Learn. Disponible sur : https://www.stopitnow.org/learn (consulté le 15 octobre 2026).
- Thorn (2024) New research from Thorn: financial sextortion on the rise, targeting teen boys. Disponible sur : https://www.thorn.org/blog/new-research-from-thorn-financial-sextortion-on-the-rise-targeting-teen-boys/ (consulté le 15 octobre 2026).
- UNICEF (s.d.) Comprendre la sextorsion. Disponible sur : https://www.unicef.org/parenting/fr/soins-attentifs/parentalite-numerique/comprendre-la-sextorsion (consulté le 15 octobre 2026).
- Ville de Paris (2026a) Violences sexuelles faites aux enfants : prévenir, repérer, agir. Guide à destination des parents. Disponible sur : https://cdn.paris.fr/paris/2026/03/13/guide_parent_vsm_a5_vdp-btgH.pdf (consulté le 15 octobre 2026).
- Ville de Paris (2026b) Violences faites aux enfants : le tableau de bord des mesures pour renforcer l'encadrement du périscolaire. Disponible sur : https://www.paris.fr/pages/violences-faites-aux-enfants-le-tableau-de-bord-des-mesures-pour-renforcer-l-encadrement-du-periscolaire-35928 (consulté le 15 octobre 2026).
- Ville de Paris (2026c) Violences sexuelles en milieu scolaire : à qui s'adresser ? Disponible sur : https://www.paris.fr/pages/violences-sexuelles-en-milieu-scolaire-a-qui-s-adresser-33352 (consulté le 15 octobre 2026).
- Ville de Paris (s.d.) Contacts et ressources utiles face aux violences. Disponible sur : https://www.paris.fr/pages/contacts-et-ressources-utiles-face-aux-violences-25206 (consulté le 15 octobre 2026).
- Walsh, K. et al. (2015) 'School-based education programmes for the prevention of child sexual abuse', Cochrane Database of Systematic Reviews, (4), CD004380. Disponible sur : https://doi.org/10.1002/14651858.CD004380.pub3.
- Western Health and Social Care Trust (s.d.) How Talk PANTS can help adults keep children safe from sexual abuse (programme PANTS de la NSPCC). Disponible sur : https://westerntrust.hscni.net/how-talk-pants-can-help-adults-keep-children-safe-from-sexual-abuse/ (consulté le 15 octobre 2026).
Cet article donne des repères généraux, à jour à la date de sa publication. Il ne remplace ni l'avis d'un médecin, seul à même de poser un diagnostic, ni l'accompagnement d'un psychologue ou d'un psychothérapeute.