Glossaire EMDR
et trauma
Les mots clés du trauma, de la mémoire et de l'EMDR, expliqués simplement. Pour les professionnels qui veulent des repères précis, comme pour les personnes qui cherchent à mettre des mots sur ce qu'elles traversent.
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- Chaque définition indique son domaine : trauma, EMDR, psychoneurobiologie, régulation.
- Les termes renvoient aux notions travaillées dans nos parcours et masterclasses.
A
Abréaction
EMDRDécharge émotionnelle intense qui peut survenir pendant le retraitement d'un souvenir : pleurs, peur, colère, sensations corporelles fortes. Le thérapeute veille à ce que le patient reste dans sa fenêtre de tolérance et garde un pied dans le présent.
Amygdale
PsychoneurobiologiePetite structure du cerveau émotionnel qui détecte le danger et déclenche l'alarme (peur, fuite, figement). Dans le trauma, elle reste hypersensible : un simple rappel peut relancer la réaction comme si le danger était toujours là.
Ancrage
RégulationEnsemble de techniques qui ramènent l'attention dans le corps et dans l'instant présent : sentir ses pieds au sol, nommer ce que l'on voit, respirer lentement. Il aide à sortir d'un débordement émotionnel ou d'un état dissociatif.
C
CIPOS
EMDRConstant Installation of Present Orientation and Safety, protocole développé par Jim Knipe. Il renforce l'orientation dans le présent et le sentiment de sécurité avant d'aborder un souvenir, par des allers-retours très courts et contrôlés. Particulièrement utile chez les patients dissociatifs.
Cognition négative / positive
EMDRCroyance sur soi associée au souvenir traumatique (« je suis en danger », « c'est de ma faute ») et croyance souhaitée à la place (« je suis en sécurité maintenant », « j'ai fait de mon mieux »). Elles sont identifiées lors de la phase d'évaluation.
Cortex préfrontal
PsychoneurobiologieRégion du cerveau qui permet de réfléchir, de prendre du recul et de réguler les émotions. Sous stress intense, son activité diminue : c'est pourquoi il est si difficile de « raisonner » pendant une réaction traumatique.
D
Désensibilisation
EMDRQuatrième phase du protocole standard. Le patient se concentre sur le souvenir pendant des séries de stimulations bilatérales ; la charge émotionnelle diminue progressivement, mesurée par le SUD.
Dissociation
TraumaDéconnexion partielle entre pensées, émotions, sensations, souvenirs ou sentiment d'identité. Protectrice au moment du trauma, elle peut persister ensuite : sensation d'irréalité, trous de mémoire, impression de se voir de l'extérieur.
Double attention
EMDRCapacité à garder simultanément un pied dans le souvenir et un pied dans le présent. Condition essentielle du retraitement EMDR : sans elle, le patient revit le souvenir au lieu de le traiter.
E
EMDR
EMDREye Movement Desensitization and Reprocessing : psychothérapie développée par Francine Shapiro à la fin des années 1980. Elle utilise des stimulations bilatérales pour aider le cerveau à retraiter des souvenirs traumatiques restés « bloqués ». Depuis 2013, l'OMS la cite parmi les traitements à envisager pour le stress post-traumatique.
F
Fenêtre de tolérance
RégulationNotion décrite par Daniel Siegel : zone d'activation dans laquelle une personne peut ressentir des émotions tout en restant capable de penser et d'agir. Au-dessus : hyperactivation (panique, colère). En dessous : hypoactivation (engourdissement, figement).
Flash technique
EMDRTechnique développée par Philip Manfield (2017) pour réduire la charge d'un souvenir très perturbant sans s'y immerger. Le patient reste centré sur une image ou une activité positive, avec des tapotements alternés ; à intervalles, il cligne rapidement des yeux plusieurs fois, sans penser volontairement au souvenir.
Flashback
TraumaReviviscence soudaine et envahissante d'un souvenir traumatique, vécue comme si l'événement se reproduisait maintenant : images, sons, odeurs, sensations corporelles. C'est une manifestation typique de la mémoire traumatique.
H
Hippocampe
PsychoneurobiologieStructure du cerveau qui date et situe les souvenirs dans leur contexte (« c'était avant, c'était là-bas »). Sous stress extrême, il fonctionne mal : le souvenir reste stocké sans étiquette de temps, d'où l'impression qu'il est toujours actuel.
Hypervigilance
TraumaÉtat d'alerte permanent : sursauts, difficulté à se détendre, surveillance constante de l'environnement. Le système d'alarme reste réglé sur « danger » longtemps après l'événement.
I
Installation
EMDRCinquième phase du protocole standard. Une fois le souvenir désensibilisé, la cognition positive est associée au souvenir et renforcée, jusqu'à ce qu'elle soit ressentie comme vraie (mesurée par la VOC).
L
Lieu sûr
RégulationImage mentale d'un lieu, réel ou imaginaire, associé à des sensations de calme et de sécurité. Installé pendant la phase de préparation, il sert de ressource pour se réguler entre les séances ou en fin de séance.
M
Mémoire d'empreinte
PsychoneurobiologieDans le modèle de Jacques Roques, mémoire d'enregistrement de premier niveau (ou mémoire d'impression perceptive) : elle « imprime tout ». Ce qui n'est pas consolidé finit par disparaître ; ce qui est à nouveau stimulé se renforce.
Mémoire de représentation sémantique
PsychoneurobiologieMémoire qui porte le sens (dite aussi mémoire conceptuelle). Selon Jacques Roques, c'est un « enregistrement second » de la mémoire d'empreinte, qui permet de penser à quelque chose en son absence et de situer un événement à sa place dans le passé.
Mémoire de travail
PsychoneurobiologieSystème qui maintient et manipule temporairement des informations. Selon une des hypothèses sur l'efficacité de l'EMDR, la tâche double (souvenir + mouvements oculaires) sature la mémoire de travail et rend le souvenir moins vif et moins chargé.
Mémoire procédurale
PsychoneurobiologieMémoire des automatismes et des réponses apprises : homéostasie, réflexes de survie (figement, fuite, combat), gestes appris, règles du langage et de la communication sociale. Mémoire à long terme, elle se renforce à chaque répétition, qu'il s'agisse d'un savoir-faire ou d'une mauvaise habitude.
Mémoire traumatique
TraumaSouvenir d'un événement traumatique resté stocké de façon fragmentée (images, sensations, émotions), sans être intégré à l'histoire de la personne. Il peut se réactiver brutalement au contact d'un déclencheur.
Modèle TAI
EMDRModèle du Traitement Adaptatif de l'Information, proposé par Francine Shapiro. Il postule que le cerveau tend naturellement à intégrer les expériences ; le trauma bloque ce processus, que l'EMDR aide à relancer.
P
Protocole en 8 phases
EMDRStructure standard d'une thérapie EMDR : histoire du patient, préparation, évaluation, désensibilisation, installation, scan corporel, clôture et réévaluation.
Psychoéducation
RégulationInformation donnée au patient sur le fonctionnement du trauma, de la mémoire et des émotions. Comprendre ce qui se passe réduit la honte, rassure et prépare le travail thérapeutique.
Psychoneurobiologie
PsychoneurobiologieDiscipline créée par Jacques Roques, qui la définit comme « une discipline scientifique qui, à partir d'hypothèses sur l'organisation psychique, veut rendre compte, en accord avec l'observation clinique, la neuropsychologie et la biologie, du fonctionnement général de la psyché, des phénomènes mnésiques, de la pensée et des émotions ». Selon lui, elle fournit à l'EMDR son assise théorique. Pour aller plus loin : Abrégé de psychoneurobiologie, au-delà de l'EMDR.
R
Ressources
RégulationExpériences, images, relations ou qualités personnelles qui apportent force et apaisement. Leur renforcement (installation de ressources) consolide la stabilité du patient avant d'aborder les souvenirs difficiles.
Réévaluation
EMDRHuitième phase du protocole, en début de séance suivante : le thérapeute vérifie ce qui a évolué depuis la dernière séance et si le souvenir traité reste apaisé, avant de poursuivre.
S
Scan corporel
EMDRSixième phase du protocole : le patient parcourt son corps en pensant au souvenir traité, pour repérer et retraiter d'éventuelles tensions ou sensations résiduelles.
Stimulation bilatérale alternée
EMDRStimulation alternativement à gauche et à droite : mouvements oculaires, tapotements ou sons. Elle est utilisée par séries courtes pendant le retraitement des souvenirs.
SUD
EMDRSubjective Units of Disturbance : échelle de 0 à 10 qui mesure le niveau de perturbation ressenti en pensant au souvenir (0 = aucune perturbation, 10 = perturbation maximale).
T
Tissage cognitif
EMDRIntervention brève du thérapeute pendant le retraitement, lorsque celui-ci se bloque : une question ou une information qui relance le traitement, sans interrompre le travail du patient.
Trauma simple / complexe
TraumaLe trauma simple (type I) renvoie à un événement unique et limité dans le temps. Le trauma complexe (type II) résulte d'événements répétés ou prolongés, souvent dans l'enfance ou dans une relation de dépendance, et affecte plus largement la régulation émotionnelle et l'image de soi.
Traumatisme vicariant
TraumaImpact psychologique qui peut toucher les professionnels exposés de façon répétée aux récits traumatiques de leurs patients. Supervision, intervision et soin de soi en sont les principales protections.
TSPT
TraumaTrouble de stress post-traumatique : ensemble de symptômes qui persistent après un événement traumatique, notamment reviviscences, évitement, altérations de l'humeur et des pensées, hypervigilance.
V
VOC
EMDRValidity of Cognition : échelle de 1 à 7 qui mesure à quel point la cognition positive est ressentie comme vraie (1 = totalement fausse, 7 = totalement vraie).
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Aller plus loin
Ces notions sont développées pas à pas dans nos formations cliniques, nos ressources gratuites et les parcours pour le grand public.
Un glossaire rédigé à partir de l’expérience clinique
Ces définitions s'appuient sur l'œuvre de Jacques Roques et sur la pratique clinique des membres fondateurs de l'Association Psychoneurobiologie & EMDR.
Jacques RoquesPrésident d'honneurCréateur du modèle de la psychoneurobiologie appliquée à l'EMDR
Marie-Agnès ThulliezPrésidenteFondatrice de TIRCIA, formatrice et conceptrice des parcours
Caroline Hébert SpieroSecrétaire généraleClinicienne, Praticien certifié EMDR Europe
Alexandra El GrayTrésorièrePsychologue, psychothérapeute, spécialisée dans les TCACe glossaire est un outil pédagogique. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un accompagnement thérapeutique, ni une formation certifiante à l'EMDR.